
Pendant longtemps, la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) a été considérée comme une démarche volontaire. Les entreprises décidaient librement de s’engager dans des actions sociales, environnementales ou éthiques, sans réelle obligation légale. Mais depuis juillet 2025, un changement de paradigme s’opère.
La Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute instance judiciaire des Nations Unies, a rendu un avis consultatif historique qui pourrait transformer radicalement le rapport entre les États, les entreprises et la lutte contre le changement climatique.
Que dit l’avis de la CIJ sur le climat ?
Saisie par l’Assemblée générale de l’ONU à la demande du Vanuatu et soutenue par plus de 130 pays, la CIJ a rendu un avis selon lequel : Les États ont l’obligation légale, en vertu du droit international, de prévenir les dommages environnementaux liés au changement climatique.
Cet avis :
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Considère le climat stable comme un droit humain fondamental
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Affirme que les États doivent agir de manière proactive et coopérative
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Souligne la possibilité de réparations si un État cause (ou laisse causer) un préjudice climatique à d’autres pays ou populations
Quels impacts pour les États ?
Pour respecter cette obligation, les États doivent :
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Fixer des objectifs climatiques conformes à l’Accord de Paris (COP21)
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Imposer des normes contraignantes aux entreprises de leur juridiction
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S’assurer que les entreprises prennent des mesures concrètes pour réduire leurs émissions, prévenir les pollutions et respecter les droits humains
Autrement dit, les États ne pourront plus tolérer l’inaction des entreprises, sans risquer eux-mêmes des poursuites au niveau international.
Les entreprises, désormais concernées indirectement
Même si l’avis de la CIJ vise principalement les États, il a des répercussions directes sur les entreprises, qui sont à l’origine de la majorité des émissions de gaz à effet de serre et des atteintes à l’environnement.
Cela signifie que :
– La RSE devient un levier de conformité, pas seulement un outil marketing
– Les entreprises devront prouver qu’elles ont mis en place une gestion sérieuse de leurs impacts ESG
– Celles qui ne le font pas s’exposent à :
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Des amendes ou sanctions réglementaires
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Des contentieux judiciaires (climatiques, sociaux, environnementaux)
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Une perte de réputation et d’accès aux financements
Pourquoi cela marque-t-il un tournant pour la RSE ?
| Avant l’avis CIJ | Après l’avis CIJ |
|---|---|
| RSE = volontariste, libre | RSE = attendue comme une preuve de diligence |
| Faible encadrement juridique | Pression réglementaire accrue des États |
| Communication RSE = marketing | RSE = outil de gestion des risques juridiques et climatiques |
| ESG = bonus réputationnel | ESG = condition d’accès aux marchés et financements |
Que doivent faire les entreprises maintenant ?
Pour se mettre en conformité avec ce nouveau cadre, les entreprises doivent :
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Réaliser un diagnostic ESG (impacts environnementaux, sociaux, droits humains)
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Mettre en place un plan d’action conforme aux lois locales et aux standards internationaux (IFC, GRI, OCDE, etc.)
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Adopter une gouvernance transparente sur les enjeux climatiques
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Établir un reporting RSE régulier et crédible
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Former leurs équipes à la gestion des risques environnementaux et sociaux
Un exemple de réponse locale : l’accompagnement de cabinets comme LK CONSULTING
Au Congo-Brazzaville, des cabinets comme LK CONSULTING se positionnent pour :
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Réaliser des audits ESG
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Accompagner les entreprises dans la structuration de leur démarche RSE
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Former les dirigeants et collaborateurs
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Préparer les entreprises aux nouvelles obligations réglementaires à venir
Conclusion
L’avis de la Cour internationale de justice ne rend pas la RSE juridiquement obligatoire du jour au lendemain. Mais il renforce la pression sur les États, qui devront à leur tour imposer des exigences claires aux entreprises. La RSE devient ainsi un outil stratégique de conformité, de protection contre les contentieux, et de légitimité sociétale.
En 2025, ne pas avoir de politique RSE crédible n’est plus une option. C’est un risque.
Sources
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Cour internationale de justice (CIJ) – Avis consultatif sur les obligations climatiques : https://www.icj-cij.org/en/case/187
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Greenpeace : Historic advisory opinion of the ICJ on climate impacts
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Euronews Green : 5 key takeaways from ICJ’s climate ruling



