Bien qu’ayant apparue bien longtemps dans le milieu industriel, le métier de Q-HSE n’a vraiment commencé qu’à émerger au Congo que depuis début 2000. Ce métier s’incarne disait un ouvrier à travers un bonhomme dont « on ne sait trop ce qu’il fait, on le voit un peu trop devant son ordinateur, sur le terrain on le voit parfois en train de donner des ordres çà et là et faire de la prévention. On le voit contrôler les EPI, il anime des causeries d’une dizaine de minutes. Parfois on exprime une certaine crainte lorsqu’on le voit s’approcher. En effet, perçu parfois comme un inspecteur».
Derrière cette vision un peu caricaturale et déformée de ses collègues de travail, se présente un manager qui joue un rôle important en matière de prévention dans le cadre de la qualité, l’hygiène, la santé-sécurité et l’environnement au travail.
Après avoir parcourue ces trois points fondamentaux de la tâche du responsable QHSE, vous aurez une meilleure compréhension de ses missions.

Point 1 : identification et l’évaluation des risques Q-HSE
La mission première du responsable QHSE est l’identification et l’évaluation des risques QHSE rencontrés dans le milieu professionnel dans lequel il évolue.
En effet, ces risques sont fonctions de l’activité de l’entreprise. On dit toujours que les risques identifiés dans une entreprise quelconque ne sont pas les mêmes partout même s’il s’agit des entreprises évoluant dans le même secteur. Car à chaque entreprise sa spécificité. C’est à ce niveau qu’intervient le diagnostic réglementaire.
Le diagnostic réglementaire ?
Oui, il s’agit d’un outil qui nous permet de ne considérer que la réglementation en lien avec le secteur de l’entreprise. Ce diagnostic met en évidence les contraintes réglementaires qui peuvent s’appliquer à l’activité de l’entreprise.
Après l’identification des risques s’en suit toujours leur évaluation. Pourquoi l’évaluation des risques ? L’évaluation des risques permet d’inventorier ces risques par catégorie en fonction de leurs niveaux de criticité. Cela est un préalable pour déterminer quels risques attaqués en priorité pour mettre en place des actions préventives. A ce stade, un diagnostic qualité, santé-sécurité et environnemental est réalisé.
Le diagnostic santé-sécurité ?
Ce dernier met en évidence les risques professionnels santé-sécurité au travail grâce à un outil que l’on appelle l’EVRP (évaluation des risques professionnels).
Autre chose qu’il faut souligner, dans cette démarche le responsable QHSE est accompagné par ses collaborateurs pour mieux identifier les risques et préconiser les moyens pour leurs maitrises.
Même lorsqu’il existe un document unique (document qui inventorie et donne une évaluation des risques professionnels ainsi qu’un plan d’action pour les mesures préventives), l’identification des risques reste une tâche permanente au sein de l’entreprise, car un nouveau risque identifié fait l’objet de la mise à jour du D.U à la fin de l’année.
Le diagnostic environnemental?
Il permet une identification des impacts environnementaux significatifs de l’entreprise au travers de l’analyse environnementale initiale (A.E.I).
Le diagnostic qualité ?
Ce diagnostic des risques permet d’identifier les attentes des clients et évaluer leur niveau de satisfaction.
Ok, j’avoue volontiers que tout ceci peut paraitre indigeste lors d’une première lecture de cet article. Mais retenez ce qui suit :
RESPONSABLE QHSE = clients satisfaits + pas d’accidents de travail + des impacts environnementaux réduits + zéro non conformités réglementaires.
Ça fait un peu trop prétentieux, non ? Oui, mais dans l’idéal c’est ce que recherche tout acteur de la prévention.

Point 2 : Mise en place d’un programme de prévention
Une fois après l’identification, l’évaluation et la préconisation des actions en vue de contrôler voir réduire les risques à un niveau acceptable, l’étape qui suit consiste à déployer l’ensemble des outils HSE de la prévention.
Ces outils visent la réduction des risques en se basant sur la méthode des 5M :
- Main d’œuvre : la compétence et la responsabilisation du personnel
- Méthodes : formalisation de bonnes pratiques, la mise en place d’une organisation adaptée
- Moyens : la mise à disposition de moyens, de matériels performants
- Milieu : création d’un environnement de travail sécurisé et adapté
- Matières premières : un travail en amont sur les fournisseurs doit être fait afin d’assurer la livraison des produits conformes aux attentes.
En gros, c’est la phase qui consiste à prévenir, sensibiliser, à agir à travers des mesures de protection, le mesurage et l’enregistrement des résultats.
Les causeries sécurité, les formations et les inductions interviennent dans le cadre de la sensibilisation tandis que la distribution des EPI, la gestion des matériels et équipements, les relations avec les entreprises extérieures, interviennent dans le cadre de la mise en place des mesures de protection et de prévention sur le site.

Point 3 : S’inscrire dans une démarche de progrès continue
Le PDCA ou la roue de Deming, est l’outil de référence pour assurer un progrès continu dans un système de management QHSE.
Nous avons :
- Plan, la planification : après l’état des lieux (analyse des risques QHSE), la direction de l’entreprise détermine avec le responsable QHSE la politique QHSE et fixent les objectifs SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste et Temporel) à atteindre ainsi que leurs cibles.
Les objectifs et cibles permettent de passer de l’intention à l’action et ces actions sont formalisées à travers un plan d’action. Ce dernier détermine qui fera quoi et dans quel délai.
- Do, faire: c’est l’étape la plus longue ou l’on exécute ce que l’on a formalisé dans le plan d’action.
- Check, le contrôle et vérification : ici le responsable, vérifie que le plan d’action a bien été mis en œuvre, il vérifie aussi que les résultats obtenus sont cohérents avec les objectifs fixés. C’est ici qu’intervient le tableau de bord, les audits internes, les indicateurs de performances.
- Act, l’ajustement : de deux choses l’une, si les résultats de la phase de vérification sont conformes aux objectifs fixés, un bilan valide, capitalise les acquis. Si les résultats ne sont pas satisfaisants, l’ajustement sera une phase de correction, de mise en œuvre des actions curatives et correctives des écarts.


